Unité Populaire

samedi 30 août 2008

LA SEULE VÉRITABLE OPPOSITION


Egalité & Réconciliation

VERS LA FIN DE L’UNILATÉRALISME ?





« Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur cet énième conflit dans le Caucase. Les médias occidentaux, dans un premier temps abreuvés par les dépêches et les communiqués venant de Géorgie, semblaient voir dans ces événements tragiques un nouvel épisode du "grand frère russe méchant et brutal" remettant dans le droit chemin la "pauvre petite Géorgie". Maintenant que la poussière retombe, que les Ossètes comptent leurs morts et que les Géorgiens prennent la mesure des dégâts, il faut admettre que ce tableau manichéen se fissure. Retour sur ces événements.

Depuis la chute de l’URSS, les provinces d’Abkhazie et d’Ossétie du Sud tentent de déclarer leur indépendance, soutenues en cela par la Russie. Suite à une guerre civile, un accord avait été signé sous l’égide de la CEI, afin de geler le conflit, avec des forces de maintien de la paix russo-géorgiennes. Ces derniers temps, les escarmouches entre forces ossètes et forces géorgiennes s’étaient accrues de manière notable. L’enhardissement des forces ossètes n’aurait probablement jamais eu lieu sans le soutien implicite de la Russie. Car, depuis le début de la question du Kosovo, la diplomatie russe avait prévenu les Occidentaux : il ne pouvait pas y avoir deux poids, deux mesures entre le Kosovo d’une part et l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie d’autre part. En cas d’indépendance du Kosovo, ils pourraient difficilement la refuser à l’Ossétie et l’Abkhazie. Cette indépendance se profilant à l’horizon, le président géorgien Saakashvili a-t-il voulu tenter un coup de poker ? Probablement. Mais c’est là sans aucun doute une faute politique gravissime. Lorsqu’on est un dirigeant politique et que la vie de ses compatriotes dépend des décisions que l’on prend, on se doit de bien réfléchir avant de se lancer dans une opération militaire d’envergure. Reprendre le contrôle de l’Ossétie du Sud par les armes supposait, au préalable, de défaire militairement les troupes russes de maintien de la paix. Comment Saakashvili a-t-il cru que la Russie laisserait ses soldats se faire tuer à sa frontière sans réagir ?

Quelle que soit l’intensification des escarmouches, la fuite en avant militaire du président géorgien était complètement irresponsable. Dans ce type de conflit à basse intensité, l’agresseur est toujours celui qui cède à l’escalade. Et cela est d’autant plus vrai que l’offensive géorgienne a été brutale. Difficile, donc, de jouer les victimes lorsque l’on attaque en premier, et surtout de cette manière.

C’est un secret de polichinelle que la Géorgie était soutenue, par les Etats-Unis, dans son projet de reprise de contrôle de ces territoires. Point de passage stratégique entre la mer Caspienne et la mer Noire, limitrophe de la Turquie et proche de l’Iran, ce pays avait tous les atouts, aux yeux du Pentagone, pour accueillir des bases militaires américaines. C’était d’ailleurs en projet. Entre l’aide financière et les instructeurs américains, l’armement israélien, le choix du nom "Georges Bush" pour l’une des principales artères de Tbilissi fait figure d’anecdote. Un pion central de la diplomatie américaine au cœur du Caucase, voilà ce qu’était devenue la Géorgie. Et si l’on ajoute à cela que tous les projets d’oléoducs et de gazoducs, en provenance d’Asie centrale, dont l’objectif était le contournement de la Russie, passent par la Géorgie, on peut comprendre que la Russie surveillait ce territoire de près. Se prévalant du soutien américain, Saakashvili s’est donc senti suffisamment fort pour attaquer l’Ossétie du Sud. Vu la vitesse, la puissance déployée et l’efficacité de la réponse russe, on peut se douter que les Russes s’attendaient à cette attaque. La Géorgie devait figurer en bonne place dans la liste des pays surveillés par le FSB, et tout indique que l’armée russe était préparée à la confrontation.

Outre les conséquences humaines dramatiques de ce conflit éclair pour la population civile locale, ossète et géorgienne, ces événements marquent un changement important dans les relations internationales de ces dernières années. Depuis la chute du Mur et la fin de l’Empire soviétique, les Etats-Unis demeuraient comme la seule "super-puissance". Conscients de cette force et profitant de l’affaiblissement économique et politique de la Russie, ils se sont peu à peu détachés des contraintes du droit international, et plus particulièrement de l’ONU. Le paroxysme a été atteint avec l’intervention unilatérale en Irak, où chaque contingent étranger – on l’oublie déjà – avait été durement obtenu au prix d’une tournée mondiale de Georges Bush. Que dire des Américains donnant aux Russes des leçons de "respect de l’intégrité territoriale de pays souverains" ? Entre Guantanamo, les transferts de prisonniers pour interrogatoires dans des pays où sont pratiquées la torture et les exactions des compagnies privées de sécurité en Irak, les Etats-Unis sont bien mal placés en ce moment pour dispenser leurs conseils.

Cet unilatéralisme, où les bons sentiments et les règles du droit international ne valent que lorsque les autres y sont soumis, a en tout cas pris un coup d’arrêt avec la Russie. Le bombardement de soldats russes dans leurs casernes par les forces géorgiennes en Ossétie du Sud en a sonné le glas. Et l’Union européenne dans son ensemble, au-delà des divergences historiques de certains de ses Etats membres avec la Russie, serait bien inspirée de voir dans ce retour de la Russie dans le concert des grandes puissances une occasion de promouvoir le multilatéralisme qu’elle appelle de ses vœux. Car qui dit multilatéralisme, dit contrepoids à la puissance américaine. Et aujourd’hui, le seul contrepoids qui existe, c’est la Russie. »


Vincent Perrier-Trudov, "Le Conflit Russo-Géorgien : le Coup d’Arrêt à l’Unilatéralisme ? ", Agoravox, 18 août 2008

« LES RUSSES ONT FAIT LEUR CHOIX, LEURS ELITES PAS ENCORE »SAAKACHVILI N’EST QU’UNE MARIONNETTE DE L’OTANLA JOIE DES PEUPLES LIBÉRÉS

CRITIQUE D’UN HOMME DE L’EST À SES AMIS DE L’OUEST


Brillant texte d’Alexandre Soljenitsyne prononcé le 8 juin 1978 à l’Université de Harvard :



Soljenitsyne « Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l'Ouest aujourd'hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d'où l'impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu'ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d'agir, qui fonde la politique d'un Etat sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu'on se place. Ce déclin du courage, qui semble aller ici ou là jusqu'à la perte de toute trace de virilité, se trouve souligné avec une ironie toute particulière dans les cas où les mêmes fonctionnaires sont pris d'un accès subit de vaillance et d'intransigeance, à l'égard de gouvernements sans force, de pays faibles que personne ne soutient ou de courants condamnés par tous et manifestement incapables de rendre un seul coup. Alors que leurs langues sèchent et que leurs mains se paralysent face aux gouvernements puissants et aux forces menaçantes, face aux agresseurs. Faut-il rappeler que le déclin du courage a toujours été considéré comme le signe avant coureur de la fin ? (...)


La société occidentale s'est choisie l'organisation la plus appropriée à ses fins, une organisation que j'appellerais légaliste. Les limites des droits de l'homme et de ce qui est bon sont fixées par un système de lois ; ces limites sont très lâches. Les hommes à l'Ouest ont acquis une habileté considérable pour utiliser, interpréter et manipuler la loi, bien que paradoxalement les lois tendent à devenir bien trop compliquées à comprendre pour une personne moyenne sans l'aide d'un expert. Tout conflit est résolu par le recours à la lettre de la loi, qui est considérée comme le fin mot de tout. Si quelqu'un se place du point de vue légal, plus rien ne peut lui être opposé ; nul ne lui rappellera que cela pourrait n'en être pas moins illégitime. Impensable de parler de contrainte ou de renonciation à ces droits, ni de demander de sacrifice ou de geste désintéressé : cela paraîtrait absurde. On n'entend pour ainsi dire jamais parler de retenue volontaire : chacun lutte pour étendre ses droits jusqu'aux extrêmes limites des cadres légaux. (...) Une société basée sur la lettre de la loi, et n'allant pas plus loin, échoue à déployer à son avantage le large champ des possibilités humaines. La lettre de la loi est trop froide et formelle pour avoir une influence bénéfique sur la société. Quand la vie est tout entière tissée de relations légalistes, il s'en dégage une atmosphère de médiocrité spirituelle qui paralyse les élans les plus nobles de l'homme. Et il sera tout simplement impossible de relever les défis de notre siècle menaçant armés des seules armes d'une structure sociale légaliste. (...)


Une liberté destructrice et irresponsable s'est vue accorder un espace sans limite. Il s'avère que la société n'a plus que des défenses infimes à opposer à l'abîme de la décadence humaine, par exemple en ce qui concerne le mauvais usage de la liberté en matière de violence morale faites aux enfants, par des films remplis de pornographie, de crime, d'horreur. On considère que tout cela fait partie de la liberté, et peut être contrebalancé, en théorie, par le droit qu'ont ces mêmes enfants de ne pas regarder er de refuser ces spectacles. L'organisation légaliste de la vie a prouvé ainsi son incapacité à se défendre contre la corrosion du mal. (...)


Autre chose ne manquera pas de surprendre un observateur venu de l'Est totalitaire, avec sa presse rigoureusement univoque : on découvre un courant général d'idées privilégiées au sein de la presse occidentale dans son ensemble, une sorte d'esprit du temps, fait de critères de jugement reconnus par tous, d'intérêts communs, la somme de tout cela donnant le sentiment non d'une compétition mais d'une uniformité. Il existe peut-être une liberté sans limite pour la presse, mais certainement pas pour le lecteur : les journaux ne font que transmettre avec énergie et emphase toutes ces opinions qui ne vont pas trop ouvertement contredire ce courant dominant. Sans qu'il y ait besoin de censure, les courants de pensée, d'idées à la mode sont séparés avec soin de ceux qui ne le sont pas, et ces derniers, sans être à proprement parler interdits, n'ont que peu de chances de percer au milieu des autres ouvrages et périodiques, ou d'être relayés dans le supérieur. Vos étudiants sont libres au sens légal du terme, mais ils sont prisonniers des idoles portées aux nues par l'engouement à la mode. Sans qu'il y ait, comme à l'Est, de violence ouverte, cette sélection opérée par la mode, ce besoin de tout conformer à des modèles standards, empêchent les penseurs les plus originaux d'apporter leur contribution à la vie publique et provoquent l'apparition d'un dangereux esprit grégaire qui fait obstacle à un développement digne de ce nom. (...)


Non, je ne prendrais pas votre société comme modèle pour la transformation de la mienne. On ne peut nier que les personnalités s'affaiblissent à l'Ouest, tandis qu'à l'Est elles ne cessent de devenir plus fermes et plus fortes. Bien sûr, une société ne peut rester dans des abîmes d'anarchie, comme c'est le cas dans mon pays. Mais il est tout aussi avilissant pour elle de rester dans un état affadi et sans âme de légalisme, comme c'est le cas de la vôtre. Après avoir souffert pendant des décennies de violence et d'oppression, l'âme humaine aspire à des choses plus élevées, plus brûlantes, plus pures que celles offertes aujourd'hui par les habitudes d'une société massifiée, forgées par l'invasion révoltante de publicités commerciales et par l'abrutissement télévisuel. Tout cela est sensible pour de nombreux observateurs partout sur la planète. Le mode de vie occidental apparaît de moins en moins comme le modèle directeur. Il est des symptômes révélateurs par lesquels l'histoire lance des avertissements à une société menacée ou en péril. De tels avertissements sont, en l'occurrence, le déclin des arts, ou le manque de grands hommes d'Etat. Et il arrive parfois que les signes soient particulièrement concrets et explicites. Le centre de votre démocratie et de votre culture est-il privé de courant pendant quelques heures, et voilà que soudainement des foules de citoyens américains se livrent au pillage et au grabuge. C'est que le vernis doit être bien fin, et le système social bien instable et mal en point. (...) Il est impératif que nous revoyions à la hausse l'échelle de nos valeurs humaines. Sa pauvreté actuelle est effarante. Il n'est pas possible que l'aune qui sert à mesurer de l'efficacité d'un président se limite à la question de combien d'argent l'on peut gagner, ou de la pertinence de la construction d'un gazoduc. Ce n'est que par un mouvement volontaire de modération de nos passions, sereine et acceptée par nous, que l'humanité peut s'élever au-dessus du courant de matérialisme qui emprisonne le monde. »



Alexandre Soljénitsyne, Harvard, 8 juin 1978


SOLJENITSYNE : LES NATIONS SONT LA RICHESSE DE L’HUMANITÉ

LA JOIE DES PEUPLES LIBÉRÉS


« Après l’agression lâche du petit peuple ossète par l’agent américain Saakhachvili, la Russie ne pouvait pas rester sans réagir, à regarder autour d’elle l’étau atlantiste se resserrer. Il ne fallut pas longtemps à l’armée russe pour détruire une grande partie du potentiel militaire géorgien et voir détaler tels des lapins les conseillers militaires américains et israéliens. Saakhachvili, marionnette de la Maison Blanche, n’hésitant pas alors à donner dans le grandiloquent, parlant de génocide et comparant la Russie du duo Medvedev/Poutine à l’Allemagne hitlérienne… Le président russe, Dmitri Medvedev, tout à fait conscient que la Géorgie atlantiste renouvellera ses agressions envers les minorités ossètes et abkhazes dès que Washington en fera la demande, a préféré que son pays reconnaisse l’indépendance des deux républiques séparatistes qui en avaient fait la demande une semaine plus tôt. La marine russe en mer noire s’assurant que le blocus des côtes empêche l’OTAN d’armer la Géorgie par bateaux.


Six mois après l’indépendance du Kosovo, c’est la réponse de Moscou aux manigances atlantistes en Europe. Les Etats-Unis, habitués depuis trop longtemps à avoir les mains libres pour faire et défaire les politiques des nations, en sont pour leurs frais et se sont contentés de qualifier l’initiative russe d’ "extrêmement regrettable" ce qui en dit long sur leur stupeur et sur l’état d’esprit d’une administration qui redécouvre l’échec après s’être crue invincible. (...)


Face à ce concert de menaces parmi les plus vils, émanant d’États ayant depuis la fin de la guerre froide bombardé et conduit à la ruine tous ceux qui s’opposaient à leurs projets malfaisants, on ne peut que saluer le courage du peuple russe qui, à travers son président Medvedev leur lance à la face : « Nous n'avons peur de rien, y compris d'une guerre froide. Bien sûr, nous ne la voulons pas ». Une modération et un sens des relations multilatérales dont les états membres du bloc atlantiste feraient bien de s’inspirer ! Tous ceux qui pensent que la Russie se comporte en impérialiste devraient regarder les images de joie dans les rues ossètes et abkhazes et les comparer avec celles qui suivirent la "libération" de l’Irak par G. W. Bush ! »



Egalité & Réconciliation


« LES RUSSES ONT FAIT LEUR CHOIX, LEURS ELITES PAS ENCORE »SAAKACHVILI N’EST QU’UNE MARIONNETTE DE L’OTAN


samedi 23 août 2008

A CEUX QUI INSTRUMENTALISENT L’HISTOIRE SUISSE


swiss energy power « L’ancienne Suisse, qui a duré cinq siècles, un demi-millénaire, du tournant du XIVe au tournant du XIXe siècle, c'est-à-dire plus longtemps que l'empire romain, n'était pas un "Etat-nation", ce concept du XIXe siècle. Mais aucun Etat européen ne l'était avant le XIXe siècle, même pas la France, pourtant déjà constituée comme Etat dynastique depuis le Moyen Âge.


On peut bien ergoter et dénigrer les "mythes fondateurs" sous prétexte de carbone 14 ou toute autre cuistrerie, il n'en reste pas moins que quelque chose s'est enclenché dans les Waldstätten à la fin du XIIIe siècle, qui s'est noué au début du XIVe : un pôle régional d'autodéfense militaire si fort qu'il exerça son attraction sur des villes aussi importantes que Lucerne et Zurich qui rejoignirent rapidement l'alliance, suivies par Berne. Ponctué de batailles : Morgarten, Sempach, Näfels, le processus d'intégration se développa avec une rapidité foudroyante si bien qu'en 1481 avant l'adhésion de Fribourg et Soleure on avait déjà une Confédération des 8 cantons contenant en germe la Suisse actuelle dans toute son extension. Elle comptera 13 cantons dès 1513, sans compter les pays sujets. Si les Suisses échoueront à prendre pied en Allemagne du Sud, la guerre de Souabe leur permettra de s'affranchir de facto de toute hégémonie impériale en attendant de se le voir confirmer de jure par les traités de Westphalie en 1648. Les cantons étendront leur domination sur le Toggenburg, l'Argovie, le Pays de Vaud, et s'inféoderont même un temps le duché de Milan ! Ainsi ils dominaient tout l'espace entre Léman et Bodan, et débordaient sur la Lombardie. Ils auront des Etats alliés, dont Mulhouse et Rottweil, des droits sur la Franche-Comté, ils conserveront le Tessin comme bailliage commun, les Grisons, la Valteline, le Chablais et le Faucigny feront partie de leur zone d'influence.


Dans tout cela un fil conducteur constant : une volonté farouche de résister à l'hégémonie, qui était à l'origine celle des Habsbourg; un esprit d'indépendance acharné, passionné, qui n'aura de cesse de s'affranchir de la juridiction du Reichskammergericht. Cet esprit restera une constante de la Suisse. Les Radicaux le remettront à l'honneur après 1848, rompant avec les divisions internes et le service étranger de l'Ancien Régime. On peut bien dire que le vote historique du 6 décembre 1992 s'inscrit dans le droit fil de cette tradition.


Bien sur, la Réforme a brisé un élan et empêché la poursuite de la grande politique européenne esquissée par les Confédérés, que d'ailleurs l'absence d'un gouvernement centralisé ne permettait pas. Il n'en reste pas moins que jusqu'à la fin du XVIIIe siècle exista un système politique autonome, avec sa propre Diète, ses conflits internes mais son unité évidente dans le système étatique et diplomatique européen de l'époque. Et la genèse en remonte aux pactes de la fin du XIIIe-début du XIVe siècle. 1798 a été une invasion militaire, et une calamité pour tout le pays, même s'il y a eu des bénéficiaires. 1798 et 1848 ont certes été des ruptures idéologiques, mais du point de vue de l'affirmation d'une entité helvétique, ces dates, principalement 1848, marquent l'aboutissement d'un processus parvenu à maturité, non pas la naissance de quelque chose qui n'existait pas auparavant.


A quoi joue Le Temps en écrivant "Et si la Suisse primitive n'avait pas existé ? " et en parlant de "coup dur pour l'imagerie suisse" ? Si l'on veut dire que l'historiographie du XIXe siècle doit être mise au rencart, à la bonne heure. Elle avait été inventée par les Radicaux pour autojustifier leur pouvoir, et consistait à présenter Guillaume Tell, Werner Stauffacher, Arnold de Melchtal et Walter Fürst comme des révolutionnaires radicaux et des démocrates avant l'heure. C'était une imposture. Il y a longtemps que l'on sait que cette théorie était de pure propagande. Mais si l'on veut faire croire qu'il n'y a pas eu dans l'ancienne Suisse une vision politique consciente, et – si ce n'est un Etat au sens moderne – ce qu'il faut bien appeler une politique d'Etat, visant à l'affirmation et la garantie mutuelle d'une indépendance aussi large que possible, dans les conditions de l'ancienne Europe, alors là pour le coup on commet une coupable instrumentalisation de l'histoire en niant une réalité massive qui a duré cinq siècles, et on le fait dans un but purement idéologique : délégitimer ceux qui, dans la continuité de l'effort constant et patient des Suisses depuis les origines, refusent l'asservissement à un nouvel impérialisme continental.


En réalité, à lire vos articles entre les lignes, on a plutôt l'impression que l'instrumentalisation tendancieuse de l'histoire n'est pas le fait de l'historien iconoclaste Roger Sablonier, mais bien plutôt des médias, qui désirent tellement que la Suisse disparaisse dans un magma européiste, qu'ils voudraient faire croire, contre toute évidence, qu'au fond elle n'a jamais existé. »



Jean Vital de Muralt, juriste, Le Temps, 20 août 2008


LES SUISSES N’ONT PAS À S’EXCUSER DEVANT KADHAFI !

sondage Kadhafi


POUR LA SUISSE, KADHAFI N’EST PAS AU-DESSUS DES LOIS

SAAKACHVILI N’EST QU’UNE MARIONNETTE DE L’OTAN


« Nombreux sont les commentateurs politiques qui considèrent que Mikhaïl Saakachvili, s’il est bien responsable du carnage provoqué en Ossétie du Sud par l’intervention militaire et les bombardements géorgiens qu’il a déclenchés, n’en est pas le principal initiateur. (…) Saakachvili n’est qu’un agent américain installé à la tête de l’Etat géorgien par les services étasuniens, comme d’autres dirigeants actuels dans d’autres pays de l’ex-Union Soviétique. Il est impensable qu’il ait pu se lancer dans cette aventure belliqueuse de sa propre initiative et sans y avoir été incité. Coïncidence : Condoleeza Rice était précisément à Tbilissi les 8 et 9 juillet 2008, où elle devait préparer le coup du 8 Août et rencontrer très officiellement la marionnette ossète, Dimitri Sanakojew, chef du "gouvernement ossète en exil" fabriqué par Saakhachvili, qui aurait dû être installé à Tshkinvali après l’éviction manu militari, voire la liquidation physique, de l’actuel gouvernement de l’Ossétie du Sud. Des manœuvres militaires américano-géorgiennes auxquelles participaient, outre les nombreux "instructeurs" présents en permanence, 1000 autres soldats US venus d’Italie et d’Allemagne, ont été terminées en Géorgie la veille de la provocation militaire menée par les mercenaires des Américains contre l’Ossétie. Manifestement tout était planifié, y compris, assez probablement, la déconfiture inéluctable de ce supplétif des Américains qu’est Saakhachvili. Celui-ci semble avoir été manipulé par les néo-conservateurs étasuniens afin de relancer leur stratégie de guerres préventives.


Depuis l’effondrement de l’URSS et la dissolution du Pacte de Varsovie (1er juillet 1991), l’impérialisme américain et l’OTAN n’ont jamais cessé de mener une stratégie anti-russe d’encerclement. Ainsi, en mars 1999 l’OTAN a intégré la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, puis la Roumanie en 2004. Après avoir financé et organisé aux portes de la Russie les pseudo révolutions "oranges" en Ukraine et en Géorgie, les dirigeants étasuniens y ont installé, avec l’aide des euro-atlantistes, des gouvernements fantoches qui, eux aussi, demandent d’intégrer l’OTAN, ce qui ne correspond ni à l’intérêt de leurs peuples, ni à celui de la paix dans le monde. (…) L’intervention militaire géorgienne est aussi une affaire de pétrole. Elle offrait aussi, pensaient les atlantistes, l’objectif stratégique de sécuriser l’oléoduc BTC (pour Bakou-Tbilissi-Ceyhan) qui conduit du pétrole depuis l’Azerbaïdjan jusqu’à la Turquie via la Géorgie – 260 km dans ce pays sur un total de 1776 km. A noter que 20% du pétrole consommé par Israël provient de cet oléoduc dont il est partenaire.


Les dirigeants étasuniens ont fait de la Géorgie, depuis des années, l’un des postes avancés de leur stratégie d’agression et de guerre. Quelles sont leurs intentions actuelles ? Concernant la signification de l’encouragement des USA et de l’OTAN à l’agression de l’Ossétie du Sud par la Géorgie, la question posée par Michel Chossudovski est pertinente : « Est-ce une provocation délibérée destinée à déclencher la réponse militaire des Russes, pour les aspirer dans une confrontation militaire élargie avec la Géorgie (et les forces alliées), qui pourrait dégénérer en guerre » ? Certains considèrent en effet que les Etats-Unis sont déjà dans un processus conduisant à une troisième guerre mondiale. Mais la pire des hypothèses n’est pas encore certaine. La donne géopolitique a changé et les Etats-Unis, encerclés par la réprobation hostile des peuples du monde dont ils sont l’ennemi commun, ne sont plus certains de vaincre ni d’avoir les moyens de réaliser leur ambition (c’est-à-dire pérenniser leur domination mondiale), même s’ils peuvent toujours détruire la planète. (…)


Les déclarations actuelles de certains dirigeants étasuniens sur leur non-intervention militaire dans le Caucase n’ont aucune crédibilité et n’engagent que ceux qui les prennent au sérieux. Les Etats-Unis se sont installés dans une logique de guerre, dans un engrenage que seul un vaste front anti-impérialiste des peuples du monde et des nations libres pourra mettre en échec. Il sera, de ce point de vue, intéressant d’observer, au sujet de la crise caucasienne, quelles seront les réactions éventuelles de solidarité envers la Russie de l’Organisation de Coopération de Shanghai, restée silencieuse jusqu’ici et objet de manigances étasuniennes Son sommet annuel est prévu pour le 28 août. La République populaire de Chine n’ignore pas qu’elle est également directement concernée par la volonté américaine d’encerclement et de conflits militaires. »



Claude Beaulieu, Comité Valmy, 17 août 2008


site du Comité Valmy



« LES RUSSES ONT FAIT LEUR CHOIX, LEURS ELITES PAS ENCORE »


REVUE DE PRESSE DE CETTE SEMAINE

bannière Unité Populaire
Notre ami James G., d’Egalité & Réconciliation, analyse avec pertinence les enjeux de la crise russo-géorgienne dans l’optique de la résistance russe à l’américanisation de l’Est.


Novopress revient sur la polémique au sujet de la mémoire du zoologue suisse Louis Agassiz, qui a donné son nom à une montagne dont l’appellation est aujourd’hui contestée par des activistes anti-racistes.


Le blog hilarant Trucs de Bobos, toujours en quête de ces petits traits qui caractérisent le bourgeois-bohème d’aujourd’hui, nous livre un texte désopilant sur le rapport du bobo aux Jeux Olympiques de Pékin et à la cause tibétaine.


UN PEDOPHILE ANGLAIS ECHAPPE A LA JUSTICE VIETNAMIENNE


Gary Glitter « Ancienne rock star des années 70, le Britannique Gary Glitter, qui vient de purger une peine de prison au Vietnam pour sévices sexuels sur mineurs, refuse toujours de rentrer en Grande-Bretagne. L'ancienne idole du glam rock, âgé de 64 ans, a purgé une peine de deux ans et neuf mois de prison au Vietnam. Dès sa libération, les autorités vietnamiennes lui ont réservé un billet d'avion pour Londres, mais le chanteur a profité d'une nuit de transit à Bangkok pour refuser d'embarquer pour son pays natal. La Thaïlande, estimant qu'il représentait "un danger" pour la société et qu'il "offensait la morale" des Thaïlandais, a finalement décidé de l'expulser, mercredi 20 août, vers Hongkong, une des destinations, avec Singapour, où le chanteur avait émis le souhait de s'installer. En Grande-Bretagne, les démêlés judiciaires de celui qui incarnait le glam rock avec David Bowie et Roxy Music, font grand bruit. La ministre britannique de l'intérieur, Jacqui Smith, a indiqué mardi que Gary Glitter serait "contrôlé" par les autorités, qu'il devrait signer le registre des délinquants sexuels et signaler toute intention de voyage à l'étranger. "Avec le dossier qu'il a, il ne devrait voyager nulle part", avait-elle ajouté.


Gary Glitter, de son vrai nom Paul Francis Gadd, avait été jugé coupable en mars 2006 d'actes obscènes sur deux Vietnamiennes de 11 et 12 ans dans le sud du pays. Arrêté en novembre 2005, il avait été condamné à trois ans de prison ferme, la plus faible sanction prévue par le code pénal vietnamien pour ce genre de faits, avant de bénéficier en février 2007 d'une remise de peine de trois mois. (…) En 1997, sa carrière déclinante prit un coup fatal lorsqu'il fut arrêté en Grande-Bretagne pour téléchargement de pornographie pédophile et passa quatre mois derrière les barreaux. Relâché à mi-peine, il avait fui les médias à l'étranger, probablement à Cuba, avant de gagner le Cambodge. Jusqu'à 2 300 photos et dessins pornographiques ainsi qu'une trentaine de vidéos pédophiles auraient été retrouvées dans son ordinateur. »



Le Monde, 20 août


LA RSR TOLÈRE MIEUX LES PÉDOPHILES QUE LES HUMORISTES


samedi 16 août 2008

LE PLAFOND DU PARLEMENT EUROPÉEN S’EST EFFONDRÉ


Parlement européen « Le Parlement européen, temple de la religion de la "concurrence pure et non faussée", de la "rentabilité maximale", de la "course au profit", et de "l'amputation des dépenses publiques", vient de découvrir les conséquences de cette idéologie folle. Le plafond de l'hémicycle du Parlement à Strasbourg s'est effondré, comme s'était effondré le plafond d'un des bâtiments de Roissy, comme s'effondrera, un de ces jours, la verrière du Parlement européen à Bruxelles qui s'est déjà fissurée, parce que, chaque fois, la même cause est en action dans des appels d'offres où la multinationale gagnante est toujours celle qui emploie le moins de personnel, le moins qualifié, avec les matériaux les meilleur marché, les délais les plus raccourcis, dans le total mépris de la sécurité. Puisque la loi est celle de la rentabilité. (…)


Ce n'est pas que le plafond du Parlement européen qui s'est effondré. Ce sont les hôpitaux publics, les équipements ferroviaires, le maillage du pays en services publics, les laboratoires de recherche et l'économie de l'Europe où la croissance, elle aussi, s'effondre parce que partout et toujours l'ultra-libéralisme et la main invisible d'Adam Smith font "la misère des nations". »



Jean-Claude Martinez, député européen


LE LIBÉRALISME CONFRONTÉ À SES RÉSULTATS


« LES RUSSES ONT FAIT LEUR CHOIX, LEURS ELITES PAS ENCORE »


Texte intéressant d’Alexandre Douguine, célèbre intellectuel russe, sur l’actuel conflit entre la Géorgie et la Fédération de Russie :



Alexandre Douguine « Les huit années de règne de Poutine se sont terminées le 7 août dernier, au moment de l’attaque géorgienne contre Tskhinval. Poutine a rendu sa souveraineté à la Russie, souveraineté à laquelle elle avait renoncé durant la période Gorbachev-Eltsine, mais il a évité tout conflit armé avec les USA et leurs marionnettes dans ce qui avait été l’URSS. Le président Medvedev a accédé au poste suprême comme un compromis afin de ne pas provoquer Washington avec un troisième mandat. Jusqu’à récemment (juillet 2008) les USA jouaient au chat et à la souris avec Moscou. Furtivement, et de manière pragmatique, ils menaient divers projets clandestins et de basse intensité. Le 7 août a été un point de rupture. Poutine et Medvedev doivent donner une réponse claire : qu’est-ce qui est le plus important à leurs yeux ? Est-ce la souveraineté de la Russie ou la sauvegarde de bonnes relations avec les USA ?


Les Américains nous ont posé un ultimatum en ordonnant aux Georgiens d’attaquer Tskhinval. Le temps des décisions difficiles et déplaisantes est venu. C’est la guerre. La troisième guerre mondiale vient peut-être de débuter. A midi, le 8 août, Moscou n’a pas encore pris de décisions. Nos autorités n’arrivent pas à se décider, elles ne croient pas encore que ce qui se passe est la réalité et non pas un rêve. Mais il est impossible d’éviter plus longtemps de faire un choix, sinon quelqu’un d’autre le fera à notre place. (…)


Si la Russie décide de ne pas entrer dans le conflit (c’est la position que défendent les agents américains dans les hautes sphères du pouvoir) et se contente de se plaindre et de protester contre l’attitude contraire aux normes des Georgiens et la catastrophe – ce sera un choix, un choix fatal. Il signifiera que la Russie a renoncée à sa souveraineté. En fait, le choix cette position reviendrait à admettre que les huit années de Poutine n’ont été que du bluff et du temps perdu. La Russie retournerait aux années 1990 en un instant. La Russie et les observateurs extérieurs réaliseraient qu’elle ne serait plus d’aucune aide et qu’il ne servirait à rien de la prendre en considération. Le résultat serait aisé à prévoir : une nouvelle étape dans la désintégration de la Russie, commençant par le Caucase. Nos partenaires au sein de la CEI se détourneraient alors de nous en réalisant qui est le maître. Et Washington serait ce maître. La Russie perdrait non seulement son statut de grande puissance mais aussi celui de puissance régionale. Ce choix serait l’équivalent d’un coup d’État ou d’une révolution orange, cette fois-ci en Russie. La démission de Poutine de son poste de Premier ministre et la désintégration de l’appareil d’État serait l’étape suivante sur cette voie.


Qu’elle est l’alternative ? La voici : la déclaration d’indépendance de l’Ossétie du Sud (et de l’Abkhazie), et le pas suivant, son rattachement à la Russie. Dans le même temps l’entrée de la 58ème armée en Ossétie du Sud et la guerre contre la Georgie jusqu’à ce que nos troupes entrent dans Tbilissi et dictent à son gouvernement notre paix. Si cela se produit, la Russie s’affrontera violemment avec les USA et l’Europe occidentale. Ce sera le début d’un long processus de blocus et d’isolement de la Russie de la part du gouvernement des USA. Mais la Russie prouvera ainsi que son statut n’est pas uniquement celui d’une puissance régionale mais aussi d’une grande puissance. La Russie prouvera qu’elle est capable de lancer un défi aux USA et au Nouvel ordre mondial. Cela signifiera que la Russie est revenue dans l’arène mondiale, qu’elle est de retour dans l’Histoire. (…)


Les Russes ont fait leur choix, l’élite ne l’a pas encore fait. Actuellement, la situation est la suivante : soit la Russie existe et devient plus forte, soit elle se résout à n’être qu’un mirage. Ce n’est pas un choix acceptable par un Russe responsable. Malheureusement, notre élite est encore irresponsable. Le réseau des agents de l’Occident s’étend dans tout l’appareil d’État de la Russie. Poutine n’a pas fait de purges sérieuses. Cela peut nuire à notre nation. Ainsi est-ce dans un moment comme maintenant que nous pouvons déterminer qui est des nôtres et qui ne l’est pas ! »


LE NEW-YORK TIMES APPELLE AU GÉNOCIDE DES IRANIENS


Ahmadinejad « Le 18 juillet 2008, le New York Times a publié un article de l'historien juif israélien, le Professeur Benny Morris, recommandant une attaque israélienne nucléaire génocidaire contre l'Iran avec la possibilité de tuer 70 millions d'Iraniens – 12 fois le nombre de victimes juives de l'Holocauste nazi.


"Les dirigeants de l'Iran feraient bien de repenser leur jeu et de suspendre leur programme nucléaire. S'ils ne le font pas, le mieux qu'ils puissent espérer c'est que l'attaque d'Israël contre leurs installations nucléaires avec des armes conventionnelles détruira celles-ci. Cela voudrait dire sûrement des milliers de victimes iraniennes et une humiliation internationale. Mais l'alternative c'est un Iran transformé en désert nucléaire."


Morris fait régulièrement des conférences, il est aussi consultant auprès des institutions politiques et militaires israéliennes et à de ce fait un accès unique auprès des planificateurs militaires stratégiques israéliens. La recommandation de Morris et son soutien public à une expulsion massive et brutale de tous les Palestiniens est de notoriété publique. Malgré ses prises de position génocidaires, cela ne l'a pas empêché de recevoir de nombreuses récompenses universitaires. Ses écrits et points de vue sont publiés en Israël dans les journaux et magazines les plus importants. Les positions de Morris ne sont pas de vaines rodomontades d'un psychopathe marginal, comme en témoigne son article d'opinion récemment publié dans le New York Times.


Que nous révèle la publication par le New York Times d'un article qui appelle à l'incinération nucléaire de 70 millions d'Iraniens et à la contamination d'environ un billion de personnes du Moyen Orient à l'Asie et l'Europe, sur la politique et culture US ? Car c'est le NYT qui informe les "classes éduquées" des US, publie des suppléments du dimanche, des pages littéraires et éditoriales et qui sert de "conscience morale" pour d'importants secteurs de l'élite culturelle, économique et politique. Le NYT offre une certaine respectabilité au meurtre de masse, exprimé par les points de vue de Morris et dont ils ne pourraient pas bénéficier si, disons, ils étaient publiés dans des hebdomadaires ou mensuels néoconservateurs. Le fait que le NYT considère la perspective d'une extermination israélienne de millions d'Iraniens comme faisant partie du débat politique au Moyen Orient révèle à quel point le sionisme a infecté les hauts cercles culturels et journalistiques des Etats Unis. Il est vrai que c'est le développement logique de l'acceptation publique par le NYT du blocus économique par Israël pour affamer 1.4 millions de Palestiniens à Gaza ; la dissimulation par le Times de l'influence de l'organisation israélo-sioniste AIPAC sur l'attaque lancée par les US contre l'Irak conduisant au meurtre de plus d'un million d'Irakiens.


Le Times donne le ton pour toute la scène culturelle de New York, qui privilégie les intérêts israéliens, au point de les assimiler au discours politique US non seulement dans leurs violations routinières des lois internationales, mais leurs menaces, en fait promesses de dévaster d'immenses zones de la terre dans leur poursuite de suprématie régionale. La volonté du NYT de publier un article recommandant un génocide ethnocide, nous montre la force des liens entre un journal pro israélien institutionnel libéral et la droite totalitaire israélienne. C'est comme si en publiant cela, le NYT considérait que les points de vue des nazis non juifs étaient inacceptables, mais que les points de vue et politiques judéo fascistes nécessitaient un examen attentif et une possible mise en application. L'article de Morris sur une extermination nucléaire dans le New York Times n'a provoqué aucune opposition des 52 présidents des plus importantes Organisations Juives Américaines (PMAJO) car, dans leur bulletin quotidien, Daily Report, elles ont fréquemment publié des articles par des israéliens et des sionistes américains, préconisant une attaque nucléaire israélienne et ou US contre l'Iran. En d'autres termes, les points de vue totalitaires de Morris font partie de la matrice culturelle profondément enracinée dans les réseaux organisationnels sionistes et leurs influence étendue dans les cercles culturels et politiques US. Ce que le Times a fait en publiant l'article démentiel de Morris a sorti le discours génocidaire des cercles d'influence limités sionistes, et l'a placé dans le champ traditionnel de lecture de millions de lecteurs américains.


Mis à part une poignée d'écrivains (non juifs et juifs) qui publient sur des sites marginaux, il n'y a aucune condamnation politique ou morale émanant de tout le monde littéraire, politique et journalistique, à cet affront à notre humanité. Aucune tentative n'a été faite de lier les politiques totalitaires génocidaires de Morris aux menaces publiques officielles d'Israël et aux préparations pour une guerre nucléaire. Il n'y a aucune campagne anti-nucléaire menée par nos intellectuels ayant le plus d'influence sur l'opinion publique pour dénoncer l'Etat (Israël) et ses intellectuels connus qui préparent une guerre nucléaire qui peut potentiellement exterminer plus de dix fois le nombre de juifs massacrés par les nazis. Une incinération nucléaire de la nation iranienne est l'équivalent israélien des chambres à gaz et fours crématoires d'Hitler, écrit en grosses lettres. L'extermination est la dernière étape du sionisme : sur la base de la doctrine dominer le Moyen Orient ou ruiner l'air et la terre de la planète. C'est le message clair de Benny Morris (et de ses sponsors officiels israéliens) qui, comme Hitler, lance des ultimatums aux Iraniens et qui menace les US : joignez vous dans le bombardement de l'Iran ou sinon vous devrez affronter une catastrophe écologique et économique mondiale. »



James Petras, "The New York Times: Making Nuclear Extermination Respectable", 30 juillet 2008


NOUVELLE MISE EN GARDE DE L’IRANUN CERTAIN ACHARNEMENT…LES JUIFS SONT DIVISÉS SUR AHMADINEJADBUSH MAUVAIS JOUEURINGÉRENCE AMÉRICAINE ENCORE…IRAN ET VENEZUELA : L’AXE ANTI-AMÉRICAIN S’ORGANISE LA CONJURATION DES NON-ALIGNÉSLES POINTS SUR LES J

QU’EST-CE QUE LE TIERS-MONDISME ?





« On s’étonne de voir les anciens tiers-mondistes redécouvrir les charmes de l’american way of life, tout comme on s’étonne que ceux qui déclarent regretter la disparition des sociétés traditionnelles en Europe se fassent les défenseurs d’un mode de vie occidental dont la diffusion détruit les sociétés traditionnelles – les seules encore vivantes ! – du Tiers-monde. On reste, de même, stupéfaits de voir les adversaires du matérialisme se faire les propagandistes d’un "monde libre" qui, concrètement, recouvre sans aucun doute la zone d’influence la plus matérialiste de la terre. Mais il est vrai que, à une époque où l’on redistribue les cartes, le mouvement est général. Les mêmes qui trouvent qu’il y a "trop d’étrangers" en Europe s’accommodent apparemment fort bien de l’acculturation de l’Europe à l’univers anglo-saxon américano-centré. Les mêmes qui s’affolent du revival islamique se réjouissent de la renaissance du fondamentalisme américain et du catholicisme polonais. Les mêmes qui s’indignent de l’intolérance de Khomeiny oublient les tortures pratiquées dans les prisons iraniennes à l’époque du Chah. Les mêmes qui dénoncent la dictature de Castro à Cuba se montraient hier singulièrement plus discrets sur celle de Duvallier en Haïti. […]

Le tiers-mondisme proprement révolutionnaire est, à l’origine, d’une tout autre nature, il exprime avant tout la fin des espoirs que l’ultra-gauche plaçait naguère dans les prolétariats occidentaux. Convertis au réformisme, ceux-ci semblent ne plus avoir comme ambition que d’accéder le plus rapidement et le plus amplement possible au monde bourgeois de consommation marchande. Dès lors, le prolétariat se trouve exclu du mécanisme de la révolution mondiale et perd – révision importante – le rôle moteur que lui avait attribué Marx. […] Le fait nouveau est que les dissidents de la gauche et de l’extrême gauche "classique", lorsqu’ils s’éloignent des vieux dogmes, ne tombent plus du côté du tiers-mondisme et de la surenchère révolutionnaire, mais à l’inverse dans le camp du libéralisme, de l’atlantisme ou de la social-démocratie. »


Alain de Benoist, "Europe, Tiers-Monde : Même Combat", Robert Laffont, 1986, p. 8, 65 et 73

Du même auteur :
CHARLIE HEBDO PARLE D’ALAIN DE BENOISTPOUR EN FINIR AVEC LA "GAUCHE" BOURGEOISELES DEUX MAI 68 LIBÉRALISME, MACHINISME ET RACISME

jeudi 7 août 2008

QUAND L’EMPIRE DU MILIEU S’EVEILLA


A la veille de l’ouverture des Jeux Olympiques, un ancien article du Temps paru il y a quelques mois sur l’émergence de la Chine et la fascination paradoxale qu’elle suscite en Occident :


Chine « La perception occidentale du pays le plus peuplé de la planète oscille toujours entre fascination et rejet. L’émergence de la Chine, nouvelle grande puissance, est un des faits géopolitiques et économiques majeurs de cette décennie écoulée. C’est la success story de ce début de XXIe siècle. Elle bouscule les grands équilibres du monde post-Guerre froide. (...) Rappelez-vous il y a dix ans, le même pays et ce qu’on en disait. C’était une autre planète. Protégée par sa monnaie non convertible, la Chine n’échappait qu’en partie au marasme de la crise asiatique. En 1999, son ambassade à Belgrade était "accidentellement" détruite par une bombe américaine, et Jiang Zemin piquait une colère après s’être fait siffler par des pro-tibétains sur la Place Fédérale, à Berne. Un jour, pas de doute, la Chine s’éveillerait, pensait-on, selon la formule éculée de Napoléon. Mais ce n’était pas pour demain. Vu d’Europe, vu de Suisse, c’était encore la Chine post-Tiananmen qui imprégnait les esprits. (...)


En septembre 2000, la Chine passe encore pour un pays secondaire au regard de la Russie, du Japon ou d’Israël. L’Europe n’est pas prête à ouvrir les yeux sur les profondes mutations en cours.( ...) Il faut attendre 2003 et la chute de Bagdad pour que l’Occident – un peu vite assuré de sa victoire sur l’hydre terroriste – trouve enfin le temps de relever la tête et d’observer le monde. Le réveil est brutal. Trop longtemps ignorée, la dynamique chinoise devient subitement aveuglante. (...) La perception de la Chine continue d’osciller entre ces deux pôles (la perception et le rejet), entre l’admiration et la peur. Car la première grande puissance pauvre déconcerte. Elle concentre toutes nos contradictions. Et le filtre du culturalisme brouille trop souvent notre regard. Mais la puissance chinoise est désormais une réalité avec laquelle il faut compter. Sans trembler »


Frédéric Koller, "Quand enfin l’Empire du Milieu s’éveilla", Le Temps (rétrospective 1998-2008), 18 mars 2008


SOLJENITSYNE : LES NATIONS SONT LA RICHESSE DE L’HUMANITÉ


A l’heure où l’ensemble des médias pleure sur la mort d'Alexandre Soljenitsyne, pourfendeur du stalinisme et du système concentrationnaire, on est au contraire beaucoup plus discret sur une facette tout aussi intéressante du grand auteur russe, celle du critique acerbe de la décadence civilisationnelle de la Russie post-soviétique.



Soljenitsyne « Je me réjouis qu’il y ait des nationalités ; j’estime qu’elles sont la richesse de l’humanité. Il faut donc les préserver. En Occident, les Lumières, depuis le XVIIIe siècle, ont propagé cette idée mensongère que toutes les différences nationales seraient un jour gommées et que toute l’humanité serait une, réunie. Le XXe siècle nous a montré avec une évidence particulière qu’il n’en était rien. Les nationalités essaient toutes de se renforcer et d’affirmer leur originalité. C’est une bonne chose. (...) Notre tâche majeure la plus haute c’est de préserver notre peuple déjà tellement éprouvé, de préserver son être physique (la démographie), mais aussi moral, sa culture, ses traditions. »


Alexandre Soljenitsyne, Une Minute par Jour, Fayard, 2007

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